Un séminaire pour l’avenir des formations au métier d’animateur d’équitation

Les 21 et 22 mars derniers, le séminaire des centres de formation et des formateurs au métier d’animateur d’équitation a vu se rassembler une centaine de personnes au Parc équestre fédéral, à Lamotte-Beuvron. De nombreux échanges, initiés par les quatre-vingt formateurs présents, se sont axés sur les enjeux de la formation.

À l’ouverte de ses portes le jeudi 21 mars dernier, le séminaire des centres de formation et des formateurs au métier d’animateur d’équitation (AAE) a fait salle comble. Une centaine de visiteurs s’est rendue sur le parquet du site fédéral de Lamotte-Beuvron afin d’assister aux multiples échanges, menés par près de quatre-vingt formateurs, sur l’avenir de la formation. Bastien Méchin, altérapeuthe, a ouvert le bal sur le positionnement de l’animateur dans le monde des loisirs. Il explique: « Depuis quarante ans, les VRP du loisir se sont emparés de ce qu’on va faire ensemble, a-t-il expliqué pour commencer. Ils rassurent parce qu’ils normalisent. Dans notre société la logique des monarques et des grands seigneurs a été remplacée par celle des experts et des commanditaires. » Pour résumer, animer n’a rien d’une évidence. Il est certain que les publics ont changé, aujourd’hui, motiver un enfant à fabriquer une cabane l’éloigne fortement de son quotidien auprès des écrans. De plus, la culture des citadins sur la nature et les animaux se perd. D’après l’altérapeuthe: « il faut faire découvrir l’autorité légitime de la compétence et prendre le pari de faire confiance pour donner confiance. » Un but non simple a atteindre, d’autant plus que, comme il l’a cité avec humour,: « il y a trois missions impossibles, la politique, parce qu’on ne parvient jamais à satisfaire tout le monde, la santé, parce que, quels que soient ses efforts, tout le monde ne guérit pas et la pédagogie, parce qu’on ne parvient jamais à ce que tout le monde comprenne et fasse ! » Un avenir compromis, mais qui vaille coup d’être secouru. C’est d’ailleurs, ce que fait le Comité régional d’équitation d’Île-de-France (CREIF), depuis de nombreuses années. Le CREIF centralise l’offre de formation et d’information régionales pour les enseignements AAE, BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS. Il conseille et oriente les futurs élèves et les parents, assure la gestion administrative des dossiers pour les centres de formation agréés et il aide les employeurs pour les embauches d’apprentis enseignants.

D’après les multiples interventions de ces deux journées, ressort l’envie de créer le super-animateur de demain. L’animateur idéal, selon les compétences attendues vis-à-vis du marché du travail, se décrit comme bienveillant, altruiste, patient et qui démontre de l’empathie et de la générosité. Il est davantage tourné vers les autres, a le sens du relationnel et est entreprenant, mature, créatif, commercial, autonome et adaptable. Bien souvent, il s’agit d’un homme ou d’une femme de cheval passionné(e) avec une bonne connaissance de l’animal. Ce citoyen bien élevé respecte les consignes, est crédible vis-à-vis des parents, capable d’accompagner en extérieur, vigilant envers la cavalerie et a le souci de l’entretien des installations. Le second point mis en avant est le fait que l’AAE est devenu la première année du BPJEPS au détriment de la dimension d’animation, pourtant essentielle dans la pratique du métier, aussi bien pour l’animateur qui le restera que pour celui qui évoluera vers le monitorat.

Durant ce séminaire, les difficultés liées à cet enseignement ont également été abordées. Il a été cité notamment, la limite du système liée à la mise en situation lors de la transmission pédagogique, le niveau technique de sortie, jugé trop élevé et qui oblige à passer du temps sur la pratique au détriment de la pédagogie, ou encore la clarification des attentes pédagogiques de la dominance cheval. Egalement, des pistes d’outils à créer ont été identifiées comme la modification du livret de formation dans un format numérique à quatre entrées : Formateur, Tuteur, Elève, FFE ou l’intégration de la notion de comportement / tenue dans le livret, la rénovation du dossier transport ou encore la mise en place d’une banque d’outils avec des contenus certifiés FFE. De plus, il a été pointé que l’expression orale devrait faire l’objet d’une partie plus importante dans la certification. `

Enfin, le débat sur l’harmonisation des évaluations finales a mis en évidence une grande diversité des supports et des modalités dans l’appréciation des grilles d’évaluation. Des outils plus normés sont souhaités. Une note d’orientation plus précise sur les critères d’appréciation serait bienvenue. Un cahier des charges pour les organisateurs de sessions d’examen serait utile, avec notamment la liste du matériel disponible. Il a été suggéré que les nouveaux examinateurs soient associés à un examinateur référent pour se former à l’évaluation. Selon les régions, il existe ou non des réunions d’harmonisation des jurys. Ce serait souhaitable de les généraliser.

Dans sa brève intervention de clôture, le président Serge Lecomte, a expliqué que la FFE a mis en place une démarche qualité pour les centres de formation et qu’elle renforce la promotion du métier auprès des jeunes pour avoir davantage de jeunes en formation. Il a appelé les formateurs à tenir un discours positif sur « notre métier qu’il faut défendre et ne pas laisser dénigrer. Si on veut avoir de bons jeunes professionnels, il faut commencer par leur donner une bonne image de notre métier. »

 

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