Championnats de France d’Attelage : Une famille autour d’un cheval

Christophe Salgé, son équipe et Ottawa, leur fidèle poney d’attelage, ont remporté le championnat de France d’attelage Club Elite Solo Grand Prix Excellence. Retour sur un parcours d’équipe, de famille et d’amis qui ont conduit à une belle victoire.

« Il faut se cramponner ! » précise Marie Tauvais, groom.

C’est une belle histoire d’amitiés, qui commence alors que Christophe n’a que cinq ans. Il a découvert l’équitation à l’UCPA de Vincennes, mais s’est rapidement tourné vers l’attelage : sa mère et sa tante en faisaient. Avec Marie Touvais, sa groom, ils ont pratiqué la voltige et ont racheté leur jument au moment de sa retraite. Marie l’a faite pouliner et le jour J, Christophe rencontra Caroline, avec qui il s’est finalement marié. Caroline, elle, a commencé l’attelage en voulant faire une activité autour du cheval avec son père. Celui-ci ne pouvait plus monter à cause de problèmes de santé. L’attelage semblait alors ce qu’il y avait de plus approprié. Finalement, il s’est acheté un poney haflinger, Mora, et fut groomé par Caroline puis par Christophe, qui a fini par devenir meneur à la place de son beau-père. Il fut également groomé par Caroline, puis par Marie. « J’ai toujours voulu faire du cheval. Après, j’ai trouvé Christophe très bon, je les soutenais beaucoup au bord de la carrière. Puis, un jour, il m’a proposé de le groomer. J’ai accepté et je me suis vraiment éclatée ! Je ne pouvais plus m’arrêter« , confie-t-elle. Le rôle des grooms est de se pencher du côté où le cheval tourne, de tout leur poids, pour éviter que la roue ne se lève et que l’attelage ne bascule. « Il faut vraiment se cramponner ! » ajoute Marie.

Voulant passer en paire, Christophe acheta Ottawa, un autre poney haflinger. Mais finalement, Mora décéda peu de temps après. C’est ainsi que s’est constituée l’équipe partie aux championnats de France cette année, entrainée par Céline, qui a été la coach de Caroline en équitation classique.

Une discipline peu ordinaire, mais ce qui a fini de convaincre Christophe, c’est l’ambiance. « C’est une ambiance familiale, nous ne sommes pas tout seul avec son cheval, et puis ça permet aussi d’en faire en famille avec les enfants ! » Ottawa n’était pourtant pas facile. « Lors de notre première balade ensemble, en famille avec les enfants, il a pris le mors et l’attelage s’est retourné. L’ancien propriétaire ne nous avait pas dit qu’il avait eu un accident avec lui. » Christophe et Caroline songent à le revendre, et le travaillent dans ce but. Mais peu à peu, Ottawa progresse, et ils s’y attachent.

« On est arrivé à Lamotte avec juste l’envie de se faire plaisir ! »

Le marathon, ce que préfère Ottawa

 

Après le décès de Mora en 2012, ils recommencent finalement à sortir en concours en 2017, jusqu’au championnats de France Club. Les épreuves Grand Prix, qu’il a concouru, comportent trois parties : un dressage, un « marathon », l’équivalent du cross avec des portes à passer (cinq obstacles sur quatre kilomètres), et enfin une épreuve de maniabilité où les portes ne sont pas à plus de dix centimètres des roues des attelages. Des balles surmonte les plots : il s’agit de ne pas les faire tomber.

A l’arrivée à Lamotte, Marie ne sait quoi penser. « Ottawa progresse tellement vite que nous ne pouvions pas prévoir d’une compétition sur l’autre… » Mais pour l’équipe, à chaque épreuve, c’est l’extase : « Il a fait son meilleur dressage de l’année« , confie Christophe. « Nous avons fini deuxièmes, et quand nous l’avons su, la pression est montée ! » La pression, pour eux, c’est la plus grande difficulté. « Il est perfectionniste, parfois trop, ce qui fait qu’il doit vraiment gérer son stress… » explique Céline. « C’est un vrai compétiteur, mais il est sensible. Son vrai travail de compétiteur réside dans la gestion de son stress. En revanche, il se lance à fond dans tout ce qu’il fait, et ne voit jamais de limite à rien. Pour lui, il n’y a pas d’obstacle. » ajoute Caroline. Une mentalité qui lui permet d’aller au bout de ce qu’il fait, comme lors de ces championnats de France d’attelage. Car malgré la pression, après le marathon, l’équipe finit première. Pourtant, là encore, la pression monte : « C’est toujours à la maniabilité que je finis par rater mes compétitions. »  Cette fois-ci, ce ne sera pas le cas. Marie lui change les idées en lui donnant un cours de botanique, Céline et Caroline le font se concentrer sur sa respiration. « Ottawa a fait sa meilleure maniabilité de la saison ! » Devant toute la famille, beaux-parents et enfants compris, ils finissent premiers à la fin de la maniabilité et remportent ces championnats.

« Je savais que nous étions champions de France à la sortie de la maniabilité », raconte Marie.

 

 

Un avenir à plusieurs

Pour Christophe l’avenir est limpide. Et pluriel. « L’objectif, ce serait d’atteler jusqu’à quatre chevaux, mais ma fille monte aussi, elle fait du saut d’obstacles. Elle voudra peut-être un poney, et ce serait trop compliqué, du coup, pour l’instant, je reste en solo ! » Un équilibre familial qui permet à chacun de s’y retrouver. Y compris Christophe, qui souhaite désormais, avec Ottawa et le reste de l’équipe, passer en Amateur. « Le poney est capable d’un bien meilleur niveau, même au-dessus de l’amateur. » Jusqu’à caresser des rêves un peu fous. « J’aimerais monter en niveau par la suite, et, peut-être, devenir professionnel, dans un avenir lointain. Cela demande un investissement que je n’ai pas. »

Célia Bellot © Coll. Privée.

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