FOXA, Poésie Baroque

Sara Viguié FOXA commence l’équitation et le dessin très jeune. Passionnée par l’émotion que dégagent les chevaux, elle commence à allier ses deux passions en les peignant et en les sculptant. Ses travaux l’ont conduite à éduquer son propre cheval tout en travaillant dans la conservation-restauration. Portrait.

« Je me rappelle que très jeune, j’ai manifesté une obsession dévorante pour les chevaux et réclamé à corps et à cris d’être mise en contact avec eux. » FOXA commence donc l’équitation très tôt, mais pas seulement. Autant qu’elle est toujours montée à cheval, elle a toujours dessiné. Et passe sa vie à aboutir ces deux projets, à la fois en parallèle et ensemble. « Je conçois deux entités. Il y a le cheval de chair, le vrai, le mien, celui qui m’apporte tant de joie et auquel je me dédie corps et âme. (…) Il y a le cheval culturel. D’encre, de terre, de lectures, il me transporte aux confins des cultures et des rêves.(…) »

Le Yamabushi aux Coquelicots, Encre de Chine et Aquarelle sur Papier, 2017

D’un côté, le dessin-passion se transforme en métier. FOXA restaure aujourd’hui régulièrement des œuvres, et est devenue artiste : « Ce n’est pas très original mais je pense que c’est ce qui constitue une particularité que bon nombre d’artistes partagent : Le désir/plaisir de créer, toujours présent, qui se renouvelle, se transforme au fil des expériences et qui permet de dépasser les problèmes techniques, les moments de doutes ou les difficultés. Ce désir-souvenir prend racine dès l’enfance. À un certain âge, certains arrêtent, d’autres continuent, sont encouragés. » Elle entame alors des études d’Histoire de l’art et d’archéologie, puis de conservation-restauration : « (…) j’ai pu dépasser mes réticences et acquérir la technique et l’acuité d’observation là où seule liberté et expressivité ne m’intéressaient. »

Interprétation à la harpe et à la plume du « Cheval venu de la mer », par Sara VIGUIÉ FOXA d’après la BO de Patrick Doyle et la partition de Léonie Clouvel

De l’autre côté, sa passion pour le cheval abouti à une recherche en équitation : « J’ai orienté mon regard vers les équitations traditionnelles, le cinéma, le spectacle équestre, l’équitation d’inspiration médiévale, la randonnée et les lectures portant sur la chose équestre tant d’un point de vue historique que technique et d’horizons variés. En bref, j’ai rencontré la culture équestre et cela a été et reste une joie immense et sans cesse renouvelée. » Elle renforce cette recherche par l’acquisition de son lusitanien, Martel Bolivar de Merlande, qu’elle a souhaité éduquer pour parfaire ses connaissances.

L’étreinte II, Sumi-e à l’encre de chine sur papier, 2018

Aujourd’hui, inspirée par Géricault, ou encore Antoine-Louis Barye, FOXA cherche à peindre des émotions. Ce sont par elles que les chevaux communiquent majoritairement ; aussi, l’artiste ne cherche pas seulement à les écouter mais également à retranscrire des sensibilités. Il y a celle dégagée par l’animal, celle qui unit une relation, celle de la perte, du cavalier sans cheval. FOXA souhaite percer le mystère de cette communication sans parole, propre à la personnalité, mais aussi à la culture de chacun.

C’est pour cette raison qu’elle a souhaité orienter son art vers la mythologie : « J’apprécie le langage symbolique et imagé des mythologies. Elles sont un mode d’expression iconique de l’intériorité humaine propre à chaque culture. L’attraction exercée par la figure du cheval a permis à la petite fille que j’étais de s’intéresser à toutes ces cultures et, de fait, cet attrait est resté. » Cette universalité de l’utilisation du cheval, qui ouvre le regard vers d’autres horizons, n’est pas sans rappeler que que sans le cheval, l’Homme ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

Plus qu’un moyen de transport, il a beaucoup appris aux plus grands philosophes, dont certains n’ont eu de cesse de chercher une relation des plus épanouies avec lui. « Le lien entre cheval et cavalier accompagne l’histoire de l’humanité depuis sa genèse. Qu’il soit compagnon de guerre, animal divin, psychopompe, lié à la fertilité, au travail ou encore une expression du pouvoir et de la richesse, le cheval est représenté aux côtés des Hommes et de leurs sociétés de manière polymorphe et récurrente. J’ai à cœur d’illustrer ces scènes fondatrices, inspirantes et inépuisables. »

Ales Equus, Bronze 1/1 d’après une cire, Fonderie Rosini, 2017

Rendre les émotions par les formes, les matières, les couleurs, voilà tout le travail poétique de FOXA. Son travail confirme encore les vers d’Horace : il en est de la poésie comme de la peinture.

Par Célia Bellot © FOXA – Tout droits réservés.

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