Mêler écologie et poney ? C’est possible !

Photographie Alix Mathia

Elle voulait devenir vétérinaire, mais son destin en a décidé autrement. Coralie a finalement choisi la voie de l’écologie : « Il me semblait ne plus y avoir de sens à travailler pour les chevaux, alors que la société dans son ensemble est dans une impasse, et fonce droit dans le mur, les yeux fermés. » Aujourd’hui, accompagnée de deux chevaux et d’un chien, elle part bientôt visiter une trentaine d’éco-lieux à cheval, sur plusieurs mois. Récit d’un projet engagé.

Commençant l’équitation à cinq ans, Coralie a un long cursus à cheval, mais également un long chemin de réflexion. L’équitation et l’animal la passionnent tant qu’elle souhaite devenir vétérinaire équin. Malheureusement le rêve s’envole, mais sa classe préparatoire lui permet tout de même d’accéder aux écoles d’ingénieurs agronomes. De stage en stage, la jeune femme se spécialise dans les chevaux, jusqu’à son dernier stage de six mois, à l’Institut français du cheval et de l’équitation. « Je me suis rendue compte que ce n’était pas fait pour moi. Je ne savais plus trop vers quoi me diriger et quel sens donner à ma vie… » Pourtant, le sens est tout trouvé : ce sera l’écologie. Comment faire pour mettre en pratique son idée ? Rien de plus simple. Il suffit de penser à ce qui nous anime quand on envie de tout quitter : « Puis j’ai pensé à l’image qui me traversait l’esprit dans mes moments difficiles : « oh et zut, si ça continue comme ça, je laisse tout tomber et je pars avec un cheval et une mule. » L’idée fait son chemin, et Coralie choisit finalement deux chevaux et un chien pour l’accompagner dans son aventure. Equi’Roots était né !

Un voyage équestre

Photo Benoît Oubre

Son moyen ? Aller visiter des éco-lieux, une trentaine en tout, à cheval. « Le but de ma démarche est (…) d’apprendre à vivre avec mes animaux. » Pour elle, il s’agit entre autre d’une expérience personnelle importante. Le bivouac, la vie simple, en extérieur, les feux de bois et la débrouillardise, cela ne fait pas du tout peur à l’agronome qui souhaite le vivre tant que cela est encore possible. pour se faire, elle a acquis deux chevaux cet hiver : Bangai et Aldo. « Je tenais à avoir des chevaux porteurs, mais je ne savais pas encore quel type (les Barbes notamment sont d’excellents chevaux de randonnée). Et finalement, j’ai craqué pour deux demi-traits. » Devant passer beaucoup de temps avec ses chevaux lors du Grand Voyage, Coralie a fonctionné au coup de cœur. Elle a même cru ne jamais trouver la deuxième perle rare dont elle avait besoin : « (…)jJai eu un moment de doute. J’accumulais les visites, et il ne se passait rien, pas une petite étincelle, un soupçon de coup de cœur… Je me suis dit « si ça se trouve, j’aime tellement Bangai, qu’il est impossible qu’il se produise deux fois la même chose… ». Et puis je suis allée voir Aldo, demi-trait typé cheval d’Auvergne de huit ans. Et là, exactement pareil, je suis tombée amoureuse au premier regard et au premier contact. » Quant à Bangai, il s’agit d’un autre demi-trait typé franche-montagne de sept ans. La jeune femme avoue qu’elle aime bien cette race.

Photo Benoît Oubre

Par ailleurs, elle tient à s’adapter à ses chevaux : « (…)Je sais qu’avec les miens, j’irai moins vite qu’avec des Barbes, ils sont moins endurants et moins rapides. Mais sur de longues durées, je sais qu’ils peuvent tenir si je respecte leur rythme. » Cette adaptation met l’animal au cœur du chemin. C’est tout un mode de vie que Coralie met en place, pour le bien de chacun. Mais aussi de l’Humanité. Car cette démarche s’inscrit dans un contexte plus global, qui consiste à ralentir, voire, pour certains, à prôner la décroissance. Ralentir, cela veut aussi dire accepter que les choses aillent moins vite et les vivre plus intensément. C’est le point de départ à une analyse plus générale que Coralie compte proposer.

Un projet éco-logique

Car elle ne veut pas seulement rendre visible ces éco-lieux, mais parler d’un large panel de sujets autour de l’écologie et des méthodes alternatives. « Je m’intéresse à la transition énergétique et au système dans sa globalité: énergie, agriculture, économie, environnement, gâchis, alimentation, gestion des déchets, mais aussi le côté social: circuits courts, entraide, etc. »  De fait, si beaucoup de maraîchers et d’éco-hameaux se comptent parmi ses lieux de visite, Coralie va également voir un fresh food-truck, avec des produits venant de sa ferme, ainsi qu’une troupe de théâtre installée dans un ancien éco-hameau. Une façon d’apprendre de ses erreurs, puisqu’elle s’intéressera alors à ce qui n’a pas marché là-bas. Si le sujet demeure très actuel, ce n’est pas son seul but, qui compte relater ses expériences sur son site, réfléchir, à partir des connaissances acquises durant ses études, au système « dans lequel on vit, avec ses forces et ses faiblesses« , mais aussi « réfléchir à des problématiques mondiales« . À terme, l’idéal est de rendre tout cela accessible à tous : « l’objectif est d’alerter justement sur ces problématiques, faire part de mes découvertes, et donner de l’espoir aux personnes qui vivent ces réalités comme un fardeau (…) pour qu’ils aient à leur tour envie d’agir… » Une aventure qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Pour retrouver ses aventures, n’hésitez pas à vous rendre sur son site : http://www.equiroots.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *