Un Warrior sur les carrés de dressage

Pour une fois, le handicap en équitation ne concerne pas un cavalier mais… Un cheval ! Celui-ci était complètement aveugle et malgré tout, il a participé à une compétition de dressage. Une belle histoire de confiance…

Le Fjord d’Elizabeth Shorthouse, Ausdan Warrior – surnommé Rio – aura marqué les esprits. Il avait perdu ses deux yeux en 2016 : « j’ai noté que quelque chose n’allait pas, il ne trouvait plus sa nourriture, confie Elizabeth à Horse and Hound. Je l’ai montré à un spécialiste, qui m’a dit qu’il souffrait d’une uvéite (…) j’étais éplorée, mais il m’a dit de sortir et de montrer au monde ce dont était capable un cheval aveugle. » Une démonstration de courage de la part d’Elizabeth qui possédait le Fjord de dix ans depuis son plus jeune âge ; une démonstration de confiance aussi.

Les équidés sont les animaux qui ont la vue la plus large, centrée sur le côté ; par ailleurs, ils ont un fort instinct de fuite et la confiance s’accorde difficilement. De fait, perdre la vue pour un cheval est un facteur important de stress : le propriétaire doit être des plus calmes, rassurant, et surtout bien maîtriser ses énergies afin de faciliter le contact et la confiance. Une discipline en émergence permet d’apprendre à mieux communiquer avec son cheval : la méditation. Le salon du bien-être avec le cheval, qui avait lieu ce week-end à l’hippodrome d’Enghien-Les-Bains, est l’un des premiers lieux où s’exporte cette idée, qui nous vient des États-Unis.

Elizabeth et son bien nommé cheval, qui avaient déjà essayé le dressage, ont décidé cette fois de s’y consacrer entièrement : en effet, pour elle, les concours sont habituellement source « de tumulte et d’agitation, mais la reprise de dressage le met en confiance. On fait d’abord le tour de la piste, en allant dans les coins, ce qui lui permet de se faire un plan dans sa tête. » Quant à sa technique à elle : « Je dois faire très attention à mon corps et à ma tête car il répond instantanément à mes mouvements. Avant, il pouvait être distrait facilement par ce qu’il entendait, mais il est plus relaxé aujourd’hui. Il aime juste travailler, donne le meilleur et sait que je ne lui ferai pas faire quelque chose qui le mettrait mal. » Un pari gagnant puisqu’Ausdan Warrior est revenu ce week-end pour la première fois sur les carrés de dressage, au centre équestre de Slallowfield, faisant un score de 63,7%. « Nous avons un lien très fort, confie-t-elle encore, il me fait une confiance aveugle et s’adapte à tout ce que je lui demande ! » Une preuve qu’un handicap n’arrête pas une carrière.

Par Célia Bellot © Horse and Hound

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *