Plantes toxiques : que faire en cas d’ingestion ?

Bien que ça n’ait pas l’air d’être le cas, le printemps est bel et bien de retour, et avec lui, force promeneurs et randonneurs, à pied ou à cheval, mais aussi force plantes toxiques. Si la plupart le sont surtout en grande quantités, nul n’est tout de même à l’abri d’une ingestion menant tout droit à une intoxication. Comment soigner son cheval ?

Le retour du printemps signe aussi celui des prés verdoyants, remplis d’herbe et de fleurs des champs. Mais ce cadre bucolique, dans lequel évolue nos équidés, peut s’avérer parfois dangereux, pour peu qu’on n’y fasse pas assez attention. La fatigue aidant, le cavalier peut devenir inattentif, attacher son cheval au mauvais endroit ou au mauvais arbre ; la catastrophe est vite arrivée. Alors, comment reconnaître les symptômes en cas d’intoxication ? Que peut-on faire ?

L’if est intégralement toxique pour les chevaux, les animaux domestiques et l’Homme.

Reconnaître les symptômes

Si l’on soupçonne une intoxication alimentaire, la première chose à faire est de garder son sang-froid. Pour trouver des solutions, il faut réfléchir, mais la panique peut être un frein. Il faut savoir que les signes d’une intoxication sont peu spécifiques. Ainsi, à moins d’avoir vu son cheval manger, il vaut mieux éliminer toutes les autres possibilités avant de parler d’intoxication alimentaire. L’IFCE liste quatre types de symptômes : une baisse de forme en général, des troubles digestifs, comme les coliques ou diarrhées, des troubles urinaires et nerveux, comme des convulsions par exemple. Aussi, votre cheval peut très bien s’exciter plus qu’à l’accoutumée sur la fin de la randonnée, ou bien faire une soudaine colique, avoir des convulsions. Autant de maux qui peuvent effrayer et qui, pourtant, se soignent s’ils sont pris à temps.

Action, réaction

Le robinier peut se reconnaître à ses feuilles, mais c’est son écorce qui est toxique.

En cas d’intoxication avérée, il est important d’agir vite. Le cheval ne pouvant pas vomir, les effets peuvent être exacerbés. Tout d’abord, vous pouvez contacter votre vétérinaire ou un centre vétérinaire antipoison, comme il en existe quatre en France : à Lyon, à Nantes, à Alfort et à Toulouse. Ces centres vous informeront plus précisément sur la conduite à tenir et vous conseilleront peut-être une visite, selon les cas. Si vous constatez une colique, vous pouvez le faire marcher doucement, en respectant ses arrêts, notamment pour uriner. Par ailleurs, il existe des antidotes considérés comme universels. Par exemple, l’huile de paraffine, dont on donne cinq à six litres pour un cheval de 500kg, et le sulfate de magnésie, dont on donne 500g, permettront d’accélérer la digestion et ainsi de faire partir le poison le plus vite possible. Si le cheval a déjà pu vider ses intestins, ce traitement ne sera pas nécessaire.

Le charbon activé, quant à lui, à raison de deux grammes par kilos de cheval, neutralise la substance toxique directement dans le tube digestif. Il est couramment suivi d’un laxatif pour procéder à son élimination. Enfin, dans certains cas, une perfusion d’environ 20L de liquide pourra s’avérer utile.

Dans la plupart des cas, ce sont les symptômes qui seront surtout traités. Cela induit des spécificités, comme les antispasmodiques pour traiter la colique, ou encore des myorelaxants en cas de convulsions. Si vous êtes en randonnée et que vous sentez un cheval très mal en point, sachez qu’un litre de café fait un très bon tonicardiaque. Finalement, des gestes simples permettent d’éviter d’en arriver là.

Colchiques dans les prés…

Sauf en cas de disette, un cheval ne va pas naturellement vers les plantes toxiques, qui ont d’ailleurs souvent mauvais goût. Il faut donc savoir l’écouter et lui faire confiance lorsqu’il refuse quelque chose qu’on lui donne. Aussi, il faut savoir qu’on évitera l’herbe tondue, le foin pourri, le pain, pour des chevaux qu’on ne connaît pas, mais aussi les glands. De plus, à l’automne, il faudra se méfier des champignons : tout ce qui concerne la moisissure est toxique pour le cheval. Quant aux plantes en elles-mêmes, les plus dangereuses sont l’if, dont toutes les parties sont mortelles, le robinier, aussi appelé faux-acacias, dont le cheval risque d’être gourmand de l’écorce, qui est la plus toxique, et enfin le laurier rose, qui pousse dans les régions méditerranéennes mais se retrouve souvent au bord des carrés de dressage.

l’écorce d’un robinier est sa partie la plus toxique

La fougère, certes très courante, est également problématique ; il faudra faire attention à la quantité qu’en ingère les chevaux. Le millepertuis, dont on fait des huiles de beauté, demeurent une mauvaise herbe, aussi bien pour le potager que pour les chevaux. Le coquelicot, bien que joli, intoxique par la morphine, et qu’il est donc nécessaire de traiter avec l’antidote de la morphine. Enfin, le colchique, qui, certes, dans les prés fleurit tout l’été, est dangereux à partir de cent grammes pour les feuilles, cinquante grammes pour les fleurs et les graines, et cinq grammes pour le bulbe. Il est évident que le cheval ne fera pas la différence entre les trois.

Le laurier rose se trouve malheureusement souvent autour des carrés de dressage.

L’idéal est de prévenir, en arrachant notamment tous les éventuels ifs de son pré. Il ne faut toutefois pas oublier que dans la plupart des cas, c’est la quantité qui fait le poison. Des gestes simples permettent aisément d’éviter la catastrophe, comme ne pas attacher son cheval à un robinier ou un chêne, ou encore arracher les ifs des prés. Par ailleurs, dès les premiers signes, il est important d’appeler son vétérinaire. Enfin, l’IFCE a mis un outil très utile à disposition, intitulé « Les plantes d’Europe nuisibles aux chevaux » et consultable via ce lien.

Par Célia Bellot © Pixabay

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