Trait de vie, la traction animale au cinéma

Trait de vie présente cinq agriculteurs, cinq parcours atypiques et sensibles vers la traction animale en agriculture. Réalisé par Sophie Arlot et Fabien Rabin, il se veut un documentaire militant sur les nouvelles pratiques de l’agriculture. EQ l’a regardé pour vous.

Dans une agriculture mécanisée, au nom du bien-être, quelques irréductibles ont décidé de passer par… la traction animale. Ils s’appellent Manu, Philippe, Lucie, Amandine, Martial et Emmanuel ; ils font partie de la quarantaine de personnes qui, en Poitou-Charentes, ont choisi cette méthode de travail. Philippe est céréalier ; il est passé au bio depuis les années 1980 et se fabrique une machine tractable par huit chevaux pour réaliser son travail sans tracteur. Lucie a toujours voulu être paysanne, mais pas à n’importe quel prix : contre le rendement, le bien-être, avec peu de terres et une jument. Lucie prend le temps. Martial est un ingénieur agronome qui a décidé de vivre de sa passion avec Amandine, en devenant maraîcher. Eux ont choisi Chouchou, un âne, qui a changé leur rapport à l’animal. Manu, boulanger de formation, s’est reconverti dans les chevaux « parce que c’était [sa] passion ». Lui vit de prestations en tractions animale entre le débardage et l’entretien d’espaces naturels. Enfin, Emmanuel, formateur en traction animal, agit comme le fil conducteur de ce documentaire engagé.

Lucie et La Belle

Lucie et La Belle © DR

L’agriculture de demain ?

Son premier cheval, Manu l’a sauvé de la boucherie : « pour moi, ce sont des collègues ; je mange du cheval, mais je ne peux pas manger mes collègues ». Pour Lucie, La Belle, sa jument, fait partie d’un tout. « Elle fournit le crottin quand j’en ai besoin, c’est elle qui va aider à débarder après la tempête… » Pour elle, le cheval, contrairement au tracteur, correspond à quelque chose de « simple et léger ». Une image forte, que partagent tous ces agriculteurs : en Poitou-Charentes, où a été tourné le film, une quarantaine d’exploitations ont fait le choix de la traction animale. Ou, peut-être, l’attraction animale, comme, paraît-il, le comprennent la plupart des personnes à qui Sophie Arlot a parlé de son film. Pourtant, la pratique trouve aujourd’hui un regain d’intérêt, loin des clichés du passé. Pour Fabien Rabin et elle, il s’agit, au contraire, d’un progrès, après le passage des tracteurs qui tassent la terre à l’excès et empêchent les plantes de pousser. De plus, l’usage des chevaux dans la traction revalorise les races de trait, en déclin depuis quelques années. Sans doute l’agriculture de demain.

Par Célia Bellot © DR

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