Les « Ch’tis » remportent la première édition du raid Gallops of Morocco

La première édition des Gallops of Morocco s’est tenue du 25 février au 4 mars, dans le désert du Merzouga au Maroc. Durant une semaine, cette course équestre en équipe a réuni une centaine de cavaliers représentant quatorze nationalités. Elle a d’ailleurs été remportée par une équipe française, celle des « Ch’tis ».
 
La centaine de cavaliers engagée s’est élancée dimanche 25 février, pour le premier raid équestre Gallops of Morocco. Cette course qui se courre par équipes nationales était supervisée par le Roi Mohammed VI et la Société Royale d’Encouragement du Cheval (la SOREC), sponsor officiel de l’événement et acteur majeur du développement du tourisme équestre au Maroc. Durant une semaine les couples d’aventuriers ont donc cheminé à travers les paysages lunaires du charismatique désert marocain. 


Les « Gallops of Morocco » est un raid équestre dans le désert marocain, (région du Drâa-Tafilalet) à travers les hautes dunes de Merzouga. Après quelques nuits dans le désert, l’aventure s’achèvera au Kasbah hôtel XALUCA aux portes du désert. Une aventure humaine, insolite autour du cheval barbe et arabe-barbe dans le désert magique de Merzouga, du 25 février au 4 mars 2018. © Christophe Bricot

 
Le concept de la course   
 
La course de deux cents kilomètres entre dunes et rocailles, affrontant parfois – comme le premier jour de cette édition 2018 – les tempêtes de sable, comprenait six étapes de vingt-cinq à quarante kilomètres chacune. Et si le but était bien de toutes les achever, il ne s’agissait pas d’un concours de vitesse puisque les cavaliers et leurs montures étaient jugés sur leur régularité.
La départ de la première étape a donc été donné à 11h, dimanche 25 février. Les seize équipes venues notamment de France, du Maroc, d’Irlande, d’Oman, de Russie, d’Espagne ou encore du Royaume-Uni, se sont élancées pour un périple de vingt-huit kilomètres, partagé en deux boucles de deux heures. Et les deux équipes françaises, Quazane – exclusivement féminine et en tête lors du premier tour malgré les conditions difficiles – et les Chti’s ont franchi ensemble la ligne d’arrivée pour ce premier jour. 
 
 
Des chevaux ambassadeurs de leur pays
 
Les participants ne couraient cependant pas avec leurs propres chevaux, l’événement servant également de vitrine pour les races et l’élevage marocains. Ainsi soumis à rude épreuve, les chevaux ont démontré leur endurance et leur résistance. Avant le départ, donc, les pilotes ont eu l’honneur de se rendre au fort Harroun, aux portes du désert du Sahara pour découvrir et essayer leurs montures. Quatre-vingt-dix étalons locaux, piaffant d’impatience, attendaient les cavaliers ; des chevaux barbes et arabe-barbes qui avaient été sélectionnés soigneusement par Joël Proust, implanté au Maroc depuis des années et fin connaisseur de ces races. C’est avec cette objectif de promotion que la Société Royale d’Encouragement du Cheval supervisait la course. Elle valorise le cheval marocain, barbe et arabe-barbe et souhaite montrer un nouveau visage du Maroc en misant sur le développement du tourisme équestre à cheval. Cette dernière était par ailleurs représentée par deux équipes intégralement composées d’étalons reproducteurs. Les autres participants ont ensuite eu une heure pour choisir leur partenaire d’aventure selon les affinités créées dès les premiers contacts et l’expérience du cavalier.

© Christophe Bricot

© Christophe Bricot

© Christophe Bricot

© Christophe Bricot

 
Quelques personnalités
 
Des personnalités bien connues du public se sont élancées dans cette épopée, à l’instar notamment pour les tricolores de la Miss France 2015, Camille Cerf ou encore de l’acteur Matthias Van Khache, tous deux ambassadeurs de l’Association Polo Discovery et accompagnés de quatre enfants du Blanc Mesnil. Une jolie initiative pour faire découvrir à ces jeunes des quartiers populaires la filière équestre et promouvoir la discipline du polo.
Et c’est finalement une équipe française qui l’a emporté. Au terme de sept jours de courses éprouvantes, l’aventure des Gallops of Morocco s’est achevée hier sur une victoire tricolore des Cht’is. Ce n’était pas la première expérience des Nordistes puisqu’en 2014 ils avaient déjà pris part au raid d’Oman. Tous les cavaliers ont été récompensés par une dernière soirée aux décors et ambiances marocaines.

Les vainqueurs sont les Ch’tis, l’une des deux équipes françaises engagées ! ©Christophe Bricot

Du sport oui, mais surtout un voyage, car au-delà de devoir faire face aux éléments ou de composer avec sa fatigue et ses courbatures, les participants sont partis à la rencontre d’un pays, d’une culture et de ses habitants. L’expérience est unique : si la journée les concurrents suent sous le soleil écrasant du désert et se serrent les coudes, le soir ils profitent du bivouac, sous les étoiles, et partagent la culture et la gastronomie marocaine. Une belle manière d’associer dépaysement et dépassement de soi.
 
Le nouveau souffle de filière équine marocaine
 
Les Gallops of Morocco s’inscrivent dans une véritable volonté de la part du Maroc de développer la filière équine. Si aujourd’hui, elle challenge les filières européennes, elle ne s’est pas toujours aussi bien portée. Alors qu’au début du vingtième siècle, cette dernière a connue des heures de gloires principalement grâce à l’essor des courses hippiques, sa popularité a petit à petit décru au fil du siècle. Au point que la population de chevaux chute drastiquement année après année jusqu’en 2011. Cette année-là, la restructuration de la filière est confiée à la SOREC, Société royale d’encouragement du cheval sous tutelle du Ministère de l’agriculture marocain, qui investit et ambitionne de doubler sa contribution au PIB national d’ici 2020. Pour cela, les bénéfices de la filière doivent doubler, pour atteindre les 7 milliards de dirham. Et l’opération est en bonne voie, puisque d’après le Figaro, en 2015, le secteur pesait pas moins de 6 milliards de dirhams (0,6 milliards d’euros), 0,6% du PIB. Parallèlement, son développement offre par ailleurs de nouveaux emplois. En 2015, on en recensait près de trente mille.
La SOREC prévoit un plan d’action en trois axes : développer les utilisations du cheval (sports équestres, arts équestres, fêtes traditionnelles telles que la tbourida …), insuffler un nouveau souffle aux courses hippiques et les professionnaliser, et enfin promouvoir le cheval Barbe et Arabe. Si les courses ont déjà vue leurs nombres augmenter de 30 % – environ deux mille quatre cents chaque année dont plusieurs dizaines accessibles aux parieurs étrangers – depuis 2011, pour ce dernier objectif, le tourisme reste une option majeure et les Gallops of Morocco sont une démonstration supplémentaire de la volonté de la SOREC de valoriser ces races. Et d’après Challenge.ma, les différentes initiatives de la SOREC sont un succès, puisque neuf cents naissances supplémentaires ont été enregistrées pour les cinq races principales du pays. Une amélioration génétique notable a été aussi observée sur les différents élevages. Le cheval Barbe, ambassadeur majeur de la filière équine marocaine, fait en particulier l’objet de toutes les attentions. Et les efforts qui lui sont consacrées portent également leur fruit puisque le nombre des naissances de cette race nationale a été multiplié par trois depuis 2011. Le meeting national du cheval Barbe et Barbe-arabe instauré par la SOREC et destiné à mettre ses chevaux et leurs qualités sur le devant de la scène internationale, a par ailleurs fêté sa première édition en septembre dernier.
Anaïs Durr

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